Description
Née en 1919 dans le sud rural de l’Autriche, Lassnig mena une carrière de soixante-dix ans dans les domaines de la peinture, du dessin et du film d’animation. S’appuyant sur la relation profonde qui unissait Lassnig et le commissaire Hans Ulrich Obrist, cette présentation souhaite raviver l’attention portée par le public français à l’œuvre novatrice de l’artiste, laquelle a façonné l’histoire de l’art moderne et contemporain par le concept de conscience du corps (Körpergefühl) et son engagement féministe. Sa dernière exposition personnelle en France eut lieu en 1999 à Nantes, au Musée des Beaux-Arts de Nantes et au Fonds Régional d’Art Contemporain des Pays de la Loire. Dans les premières réalisations de Lassnig, les influences expressionnistes et surréalistes prédominent, suivies par celles de l’Art informel et de la Nouvelle Figuration. Ces mouvements ont nourri la démarche de Lassnig, fondée sur la représentation des sensations internes du corps plutôt que par l’apparence extérieure. Les couleurs y vibrent, et les figures jaillissent d’une compréhension du « micro-monde des millions de neurones », inatteignable par tout dispositif photographique. Considérée comme l’une des plus grandes peintres autrichiennes depuis Egon Schiele et Oskar Kokoschka, Lassnig fit l’objet de plus d’une centaine d’ouvrages. Elle a également inspiré le film biographique Sleeping with a Tiger, présenté en avant-première à la Berlinale en 2024, ainsi que la pièce de théâtre Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. Figure de proue de l’art d’après-guerre, elle demeure un jalon essentiel de l’évolution de la peinture européenne. Hans Ulrich Obrist découvrit l’œuvre de Lassnig durant son enfance, en se procurant une carte postale reproduisant l’une de ses toiles, soigneusement rangée par la suite dans son « musée-boîte à chaussures » artisanal. En 1986, à dix-sept ans, il prit un train de nuit pour l’Autriche, où il fit la connaissance de Lassnig dans son atelier de la Maxingstrasse à Vienne. À cette époque, l’artiste enseignait la peinture et le film d’animation à l’Université des arts appliqués. Lassnig initia Obrist à l’œuvre de la poétesse autrichienne Friederike Mayröcker, l’incitant à approfondir sa lecture. Plus tard, elle facilita la rencontre entre Obrist et Mayröcker, qui devint une proche jusqu’à son décès en 2021. De 1993 à 2014, Lassnig et Obrist échangèrent régulièrement des lettres et se retrouvaient fréquemment dans l’atelier viennois de l’artiste. En 1993, lorsque Kasper König invita Obrist à codiriger l’exposition The Broken Mirror dans le cadre du Wiener Festwochen (Festival de Vienne), les peintures de Lassnig ainsi que le film The Ballad of Maria Lassnig, 1992, projeté à l’ouverture, formèrent un pilier majeur de cette rétrospective consacrée à la peinture. En 2000, Obrist aida Lassnig à publier ses journaux intimes de 1940 à 1997, révélant l’ampleur de ses doutes artistiques et l’évolution de sa pratique singulière axée sur la conscience du corps. Bien que Lassnig fût généralement réservée quant aux entretiens officiels, elle l’autorisa en 1999 à la filmer, inaugurant une série de conversations enregistrées jusqu’en 2012. Par la suite, en 2005, il collabora avec Daniel Birnbaum et Akiko Miyake afin de sélectionner Lassnig pour le projet Safety Curtain de museum in progress à l’Opéra d’État de Vienne, reproduisant sa peinture à l’huile Frühstück mit Ohr, 1967. Lorsque Obrist a rejoint les équipes de la Serpentine en 2008, il organisa avec Julia Peyton-Jones une exposition d’envergure à la Serpentine Gallery, grâce au soutien de Maja Hoffmann. Une décennie plus tard, en 2017, après l’avoir conçue avec Maria Lassnig, Obrist finalisa à Athènes une exposition posthume centrée sur la passion de l’artiste pour la mythologie grecque et guidée par un titre poétique emprunté à Friederike Mayröcker : The Future Is Invented with Fragments from the Past (Le futur est inventé avec des fragments du passé). Après sa disparition, Obrist demeura proche de la Maria Lassnig Foundation, siégeant brièvement à son conseil consultatif (depuis 2016) et participant au jury du Maria Lassnig Prize, créé à l’initiative de l’artiste avant son décès pour encourager des artistes peu connu·es du public. Réunies pour la première fois en un même lieu, l’exposition à LUMA Arles présente les entretiens vidéo entre Lassnig et Obrist, ainsi que leur vaste correspondance classée par ordre chronologique. Parmi les œuvres exposées figurent des peintures issues des expositions The Broken Mirror et de la Serpentine Gallery, du projet pour l’Opéra d’État de Vienne, et des peintures et aquarelles présentées à Athènes. Parallèlement au film biographique The Ballad of Maria Lassnig, le film Selfportrait, 1971, illustre l’exploration pionnière de Lassnig dans le domaine de l’animation au sein de la scène féministe new-yorkaise des années 1970. À noter que deux toiles de Lassnig furent présentées pour la dernière fois en France lors de l’exposition Action, Gesture, Paint : Women Artists and Global Abstraction 1940-1970, en 2023, à la Fondation Vincent van Gogh à Arles, un hommage à l’admiration qu’elle portait à van Gogh, qu’elle qualifia de « dieu expressionniste » lors d’un entretien de 2008 avec Obrist. En écho à la formule « Vivre avec l’art empêche de se faner ! » qu’elle rédigea pour Hans Ulrich Obrist dans sa dernière lettre inachevée, datée du 11 janvier 2014, cette présentation met à l’honneur l’héritage vif d’une peintre dont les visions intérieures continuent de résonner dans les corps et les esprits.
English
Born in 1919 in rural southern Austria, Lassnig enjoyed a seventy-year career in painting, drawing and animation. Drawing on the close relationship between Lassnig and curator Hans Ulrich Obrist, this presentation aims to revive the French public's interest in the artist's groundbreaking work, which shaped the history of modern and contemporary art through the concept of body consciousness (Körpergefühl) and her feminist commitment. Her last solo exhibition in France took place in 1999 in Nantes, at the Musée des Beaux-Arts de Nantes and the Fonds Régional d'Art Contemporain des Pays de la Loire. In Lassnig's early work, Expressionist and Surrealist influences predominate, followed by those of Art informel and Nouvelle Figuration. These movements nourished Lassnig's approach, based on the representation of the body's inner sensations rather than its outer appearance. Colors vibrate, and figures spring from an understanding of the "micro-world of millions of neurons", unreachable by any photographic device. Considered one of the greatest Austrian painters since Egon Schiele and Oskar Kokoschka, Lassnig has been the subject of over a hundred books. She also inspired the biographical film Sleeping with a Tiger, which premiered at the Berlinale in 2024, and the play Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. A leading figure in post-war art, she remains an essential milestone in the evolution of European painting. Hans Ulrich Obrist discovered Lassnig's work during his childhood, when he bought a postcard reproducing one of her paintings, which was later carefully stored in his homemade "shoebox museum". In 1986, at the age of seventeen, he took an overnight train to Austria, where he met Lassnig in his studio on Vienna's Maxingstrasse. At the time, the artist was teaching painting and animation at the University of Applied Arts. Lassnig introduced Obrist to the work of the Austrian poet Friederike Mayröcker, encouraging him to read her more deeply. She later facilitated the meeting between Obrist and Mayröcker, who became a close friend until her death in 2021. From 1993 to 2014, Lassnig and Obrist regularly exchanged letters and frequently met in the artist's Viennese studio. In 1993, when Kasper König invited Obrist to co-direct the exhibition The Broken Mirror as part of the Wiener Festwochen (Vienna Festival), Lassnig's paintings and the film The Ballad of Maria Lassnig, 1992, shown at the opening, formed a major pillar of this retrospective devoted to painting. In 2000, Obrist helped Lassnig publish her diaries from 1940 to 1997, revealing the extent of her artistic doubts and the evolution of her singular body-conscious practice. Although Lassnig was generally reserved about formal interviews, in 1999 she allowed him to film her, inaugurating a series of conversations recorded until 2012. Subsequently, in 2005, he collaborated with Daniel Birnbaum and Akiko Miyake to select Lassnig for the museum in progress Safety Curtain project at the Vienna State Opera, reproducing her oil painting Frühstück mit Ohr, 1967. When Obrist joined the Serpentine teams in 2008, he and Julia Peyton-Jones organized a major exhibition at the Serpentine Gallery, with the support of Maja Hoffmann. A decade later, in 2017, having conceived it with Maria Lassnig, Obrist finalized in Athens a posthumous exhibition centered on the artist's passion for Greek mythology and guided by a poetic title borrowed from Friederike Mayröcker: The Future Is Invented with Fragments from the Past. After her death, Obrist remained close to the Maria Lassnig Foundation, briefly sitting on its advisory board (since 2016) and participating in the jury for the Maria Lassnig Prize, created on the artist's initiative before her death to encourage artists who are little known to the public. Gathered together for the first time in one place, the exhibition at LUMA Arles features video interviews between Lassnig and Obrist, as well as their extensive correspondence arranged in chronological order. Among the works on show are paintings from The Broken Mirror and Serpentine Gallery exhibitions, the project for the Vienna State Opera, and paintings and watercolors presented in Athens. Alongside the biographical film The Ballad of Maria Lassnig, the film Selfportrait, 1971, illustrates Lassnig's pioneering exploration of animation within the New York feminist scene of the 1970s. Two of Lassnig's canvases were last shown in France in 2023 at the Fondation Vincent van Gogh in Arles, in the exhibition Action, Gesture, Paint: Women Artists and Global Abstraction 1940-1970, a tribute to her admiration for van Gogh, whom she described as an "expressionist god" in a 2008 interview with Obrist. Echoing the phrase "Living with art prevents fading!" she penned for Hans Ulrich Obrist in her last unfinished letter, dated January 11, 2014, this presentation honors the vivid legacy of a painter whose inner visions continue to resonate in bodies and minds.
Deutsch
Lassnig wurde 1919 im ländlichen Süden Österreichs geboren und blickt auf eine siebzigjährige Karriere als Malerin, Zeichnerin und Animationsfilmkünstlerin zurück. Die Präsentation baut auf der engen Beziehung zwischen Lassnig und dem Kurator Hans Ulrich Obrist auf und soll die Aufmerksamkeit des französischen Publikums für das innovative Werk der Künstlerin wecken, die mit ihrem Konzept des Körpergefühls und ihrem feministischen Engagement die Geschichte der modernen und zeitgenössischen Kunst geprägt hat. Ihre letzte Einzelausstellung in Frankreich fand 1999 in Nantes statt, wo sie im Musée des Beaux-Arts de Nantes und im Fonds Régional d'Art Contemporain des Pays de la Loire ausgestellt wurde. In Lassnigs frühen Werken herrschen expressionistische und surrealistische Einflüsse vor, gefolgt von denen der informellen Kunst und der Neuen Figuration. Diese Bewegungen haben Lassnigs Ansatz genährt, der auf der Darstellung der inneren Empfindungen des Körpers und nicht der äußeren Erscheinung beruht. Die Farben vibrieren und die Figuren entspringen einem Verständnis der "Mikrowelt der Millionen von Neuronen", die für jedes fotografische Gerät unerreichbar ist. Lassnig, die als eine der größten österreichischen Malerinnen seit Egon Schiele und Oskar Kokoschka gilt, wurde in über 100 Büchern beschrieben. Sie inspirierte auch den biografischen Film Sleeping with a Tiger, der 2024 auf der Berlinale uraufgeführt wurde, sowie das Theaterstück Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. Als Leitfigur der Nachkriegskunst bleibt sie ein wesentlicher Meilenstein in der Entwicklung der europäischen Malerei. Hans Ulrich Obrist entdeckte Lassnigs Werk in seiner Kindheit, als er eine Postkarte mit einem ihrer Gemälde kaufte, die er später sorgfältig in seinem selbstgebauten "Schuhkarton-Museum" aufbewahrte. Im Jahr 1986, im Alter von siebzehn Jahren, nahm er einen Nachtzug nach Österreich, wo er Lassnig in seinem Atelier in der Wiener Maxingstraße kennenlernte. Zu dieser Zeit unterrichtete der Künstler an der Universität für angewandte Kunst Malerei und Animationsfilm. Lassnig führte Obrist in das Werk der österreichischen Dichterin Friederike Mayröcker ein und regte ihn zu einer intensiveren Lektüre an. Später erleichterte sie die Begegnung zwischen Obrist und Mayröcker, die bis zu ihrem Tod im Jahr 2021 eine enge Vertraute wurde. Von 1993 bis 2014 tauschten Lassnig und Obrist regelmäßig Briefe aus und trafen sich häufig im Wiener Atelier des Künstlers. Als Kasper König Obrist 1993 einlud, die Ausstellung The Broken Mirror im Rahmen der Wiener Festwochen mitzuleiten, bildeten Lassnigs Gemälde zusammen mit dem Film The Ballad of Maria Lassnig, 1992, der bei der Eröffnung gezeigt wurde, eine wichtige Säule dieser Retrospektive, die der Malerei gewidmet war. Im Jahr 2000 unterstützte Obrist Lassnig bei der Veröffentlichung ihrer Tagebücher von 1940 bis 1997, die das Ausmaß ihrer künstlerischen Zweifel und die Entwicklung ihrer einzigartigen, auf Körperbewusstsein ausgerichteten Praxis enthüllten. Obwohl Lassnig mit offiziellen Gesprächen generell zurückhaltend war, erlaubte sie ihm 1999, sie zu filmen, und eröffnete damit eine Reihe von Gesprächen, die bis 2012 aufgezeichnet wurden. Anschließend arbeitete er 2005 mit Daniel Birnbaum und Akiko Miyake zusammen, um Lassnig für das Projekt Safety Curtain des museum in progress an der Wiener Staatsoper auszuwählen, wobei er ihr Ölgemälde Frühstück mit Ohr, 1967, reproduzierte. Als Obrist 2008 zu den Serpentine-Teams stieß, organisierte er dank der Unterstützung von Maja Hoffmann zusammen mit Julia Peyton-Jones eine große Ausstellung in der Serpentine Gallery. Ein Jahrzehnt später, 2017, stellte Obrist, nachdem er sie mit Maria Lassnig konzipiert hatte, in Athen eine posthume Ausstellung fertig, die sich auf die Leidenschaft des Künstlers für die griechische Mythologie konzentrierte und von einem poetischen, von Friederike Mayröcker entliehenen Titel geleitet wurde: The Future Is Invented with Fragments from the Past (Die Zukunft wird mit Fragmenten aus der Vergangenheit erfunden). Nach ihrem Tod blieb Obrist der Maria Lassnig Foundation eng verbunden, war kurzzeitig Mitglied des Beirats (seit 2016) und nahm an der Jury des Maria Lassnig Prize teil, der auf Initiative der Künstlerin vor ihrem Tod ins Leben gerufen wurde, um Künstlerinnen und Künstler zu fördern, die in der Öffentlichkeit kaum bekannt sind. Zum ersten Mal an einem Ort vereint, zeigt die Ausstellung in der LUMA Arles die Videointerviews zwischen Lassnig und Obrist sowie ihre umfangreiche, chronologisch geordnete Korrespondenz. Zu den ausgestellten Werken gehören Gemälde aus den Ausstellungen The Broken Mirror und der Serpentine Gallery, aus dem Projekt für die Wiener Staatsoper sowie Gemälde und Aquarelle, die in Athen gezeigt wurden. Neben dem biografischen Film The Ballad of Maria Lassnig illustriert der Film Selfportrait, 1971, Lassnigs bahnbrechende Erkundungen im Bereich der Animation innerhalb der New Yorker Feministenszene der 1970er Jahre. Anzumerken ist, dass zwei Gemälde Lassnigs zuletzt in Frankreich bei der Ausstellung Action, Gesture, Paint: Women Artists and Global Abstraction 1940-1970 im Jahr 2023 in der Vincent van Gogh Foundation in Arles gezeigt wurden – eine Hommage an ihre Bewunderung für van Gogh, den sie in einem Interview mit Obrist 2008 als "expressionistischen Gott" bezeichnete. In Anlehnung an die Formel "Mit der Kunst leben verhindert das Verblühen!", die sie für Hans Ulrich Obrist in ihrem letzten, unvollendeten Brief vom 11. Januar 2014 verfasste, würdigt diese Präsentation das lebendige Erbe einer Malerin, deren innere Visionen noch immer in Körper und Geist widerhallen.
Dutch
Lassnig, geboren in 1919 op het platteland van Zuid-Oostenrijk, had een zeventigjarige carrière in schilderen, tekenen en animatiefilm. Deze presentatie is gebaseerd op de nauwe relatie tussen Lassnig en curator Hans Ulrich Obrist en wil de belangstelling van het Franse publiek voor het baanbrekende werk van de kunstenares nieuw leven inblazen. Haar werk heeft de geschiedenis van de moderne en hedendaagse kunst bepaald door het concept van lichaamsbewustzijn (Körpergefühl) en haar feministische engagement. Haar laatste solotentoonstelling in Frankrijk was in 1999 in Nantes, in het Musée des Beaux-Arts de Nantes en het Fonds Régional d'Art Contemporain des Pays de la Loire. In Lassnigs vroege werk overheersen expressionistische en surrealistische invloeden, gevolgd door die van informele kunst en nieuwe figuratie. Deze stromingen voedden Lassnigs benadering, die is gebaseerd op de weergave van de innerlijke sensaties van het lichaam in plaats van de uiterlijke verschijning. De kleuren vibreren en de figuren komen voort uit een begrip van de "microwereld van miljoenen neuronen", onbereikbaar voor welk fotografisch apparaat dan ook. Lassnig wordt beschouwd als een van de grootste Oostenrijkse schilders sinds Egon Schiele en Oskar Kokoschka en is het onderwerp geweest van meer dan honderd boeken. Ze was ook de inspiratiebron voor de biografische film Sleeping with a Tiger, die in 2024 op de Berlinale in première ging, en het toneelstuk Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. Als leidende figuur in de naoorlogse kunst blijft ze een essentiële mijlpaal in de ontwikkeling van de Europese schilderkunst. Hans Ulrich Obrist ontdekte het werk van Lassnig als kind, toen hij een ansichtkaart kocht met een reproductie van een van haar schilderijen, die hij later zorgvuldig bewaarde in zijn zelfgemaakte "schoenendoosmuseum". In 1986 nam hij op zeventienjarige leeftijd de nachttrein naar Oostenrijk, waar hij Lassnig ontmoette in diens atelier aan de Maxingstrasse in Wenen. Op dat moment doceerde de kunstenaar schilderkunst en animatie aan de Universiteit voor Toegepaste Kunsten. Lassnig liet Obrist kennismaken met het werk van de Oostenrijkse dichteres Friederike Mayröcker en moedigde hem aan om meer van haar werk te lezen. Later zorgde ze voor een ontmoeting tussen Obrist en Mayröcker, die een hechte vriendin werd tot haar dood in 2021. Van 1993 tot 2014 wisselden Lassnig en Obrist regelmatig brieven uit en ontmoetten ze elkaar regelmatig in de Weense studio van de kunstenaar. Toen Kasper König Obrist in 1993 uitnodigde om als co-curator op te treden voor de tentoonstelling The Broken Mirror in het kader van de Wiener Festwochen, vormden de schilderijen van Lassnig en de film The Ballad of Maria Lassnig uit 1992, die bij de opening werd vertoond, een belangrijke pijler van dit retrospectief over de schilderkunst van de kunstenaar. In 2000 hielp Obrist Lassnig met de publicatie van haar dagboeken van 1940 tot 1997, die de omvang van haar artistieke twijfels onthulden en de evolutie van haar unieke praktijk waarin het bewustzijn van het lichaam centraal stond. Hoewel Lassnig over het algemeen terughoudend was met officiële interviews, stond ze hem in 1999 toe haar te filmen, waarmee een reeks gesprekken begon die tot 2012 werden opgenomen. Later, in 2005, selecteerde hij samen met Daniel Birnbaum en Akiko Miyake Lassnig voor het lopende museumproject Safety Curtain in de Weense Staatsopera, waarbij haar olieverfschilderij Frühstück mit Ohr uit 1967 werd gereproduceerd. Toen Obrist in 2008 bij de Serpentine kwam, organiseerde hij samen met Julia Peyton-Jones een grote tentoonstelling in de Serpentine Gallery met de steun van Maja Hoffmann. Een decennium later, in 2017, voltooide Obrist samen met Maria Lassnig een postume tentoonstelling in Athene rond de passie van de kunstenaar voor de Griekse mythologie en met een poëtische titel ontleend aan Friederike Mayröcker: The Future Is Invented with Fragments from the Past. Na haar dood bleef Obrist nauw betrokken bij de Maria Lassnig Stichting. Hij zit korte tijd in de adviesraad (sinds 2016) en neemt deel aan de jury van de Maria Lassnig Prijs, die op initiatief van de kunstenares voor haar dood in het leven werd geroepen om kunstenaars die weinig bekend zijn bij het grote publiek aan te moedigen. De tentoonstelling in LUMA Arles brengt voor het eerst de video-interviews tussen Lassnig en Obrist samen, evenals hun uitgebreide correspondentie, gerangschikt in chronologische volgorde. Er worden onder andere schilderijen getoond van de tentoonstellingen The Broken Mirror en de Serpentine Gallery, het project voor de Weense Staatsopera en schilderijen en aquarellen die in Athene werden gepresenteerd. Naast de biografische film The Ballad of Maria Lassnig, illustreert de film Selfportrait uit 1971 Lassnigs pionierswerk op het gebied van animatie binnen de New Yorkse feministische scene van de jaren 1970. Twee van Lassnigs schilderijen waren voor het laatst te zien in Frankrijk in 2023 bij de Vincent van Gogh Foundation in Arles, in de tentoonstelling Action, Gesture, Paint: Women Artists and Global Abstraction 1940-1970, een eerbetoon aan haar bewondering voor van Gogh, die ze in een interview met Obrist uit 2008 omschreef als een "expressionistische god". Deze presentatie eert de levendige nalatenschap van een schilder wiens innerlijke visies blijven resoneren in lichamen en geesten, en echoot de zin "?leven met kunst voorkomt vervagen", die ze schreef aan Hans Ulrich Obrist in haar laatste onafgemaakte brief van 11 januari 2014.
Español
Nacido en 1919 en una zona rural del sur de Austria, Lassnig desarrolló una carrera de setenta años en los campos de la pintura, el dibujo y el cine de animación. Aprovechando la estrecha relación entre Lassnig y el comisario Hans Ulrich Obrist, esta presentación pretende reavivar el interés del público francés por la obra rompedora de la artista, que marcó la historia del arte moderno y contemporáneo a través del concepto de conciencia corporal (Körpergefühl) y su compromiso feminista. Su última exposición individual en Francia tuvo lugar en Nantes en 1999, en el Museo de Bellas Artes de Nantes y el Fondo Regional de Arte Contemporáneo de los Países del Loira. En los primeros trabajos de Lassnig predominan las influencias expresionistas y surrealistas, seguidas de las del Art informel y la Nouvelle Figuration. Estos movimientos alimentaron el enfoque de Lassnig, basado en la representación de las sensaciones internas del cuerpo más que en su apariencia externa. Los colores vibran y las figuras surgen de una comprensión del "micromundo de millones de neuronas", inalcanzable para cualquier dispositivo fotográfico. Considerado uno de los más grandes pintores austriacos desde Egon Schiele y Oskar Kokoschka, Lassnig ha sido objeto de más de cien libros. También inspiró la película biográfica Sleeping with a Tiger, estrenada en la Berlinale en 2024, y la obra de teatro Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. Figura destacada del arte de posguerra, sigue siendo un hito esencial en el desarrollo de la pintura europea. Hans Ulrich Obrist descubrió la obra de Lassnig de niño, cuando compró una postal que reproducía uno de sus cuadros, que más tarde guardó cuidadosamente en su "museo caja de zapatos" casero. En 1986, a los diecisiete años, tomó un tren nocturno a Austria, donde conoció a Lassnig en su estudio de la Maxingstrasse de Viena. Por aquel entonces, el artista impartía clases de pintura y cine de animación en la Universidad de Artes Aplicadas. Lassnig dio a conocer a Obrist la obra de la poetisa austriaca Friederike Mayröcker y le animó a leer más obras suyas. Más tarde facilitó el encuentro entre Obrist y Mayröcker, que se convirtió en su íntima amiga hasta su muerte en 2021. Desde 1993 hasta 2014, Lassnig y Obrist intercambiaron cartas con regularidad y se reunían con frecuencia en el estudio vienés del artista. En 1993, cuando Kasper König invitó a Obrist a comisariar conjuntamente la exposición El espejo roto en el marco del Wiener Festwochen (Festival de Viena), los cuadros de Lassnig y la película La balada de Maria Lassnig, 1992, que se proyectó en la inauguración, constituyeron un pilar fundamental de esta retrospectiva dedicada a la pintura. En 2000, Obrist ayudó a Lassnig a publicar sus diarios de 1940 a 1997, revelando el alcance de sus dudas artísticas y la evolución de su singular práctica centrada en la conciencia del cuerpo. Aunque Lassnig solía mostrarse reservada ante las entrevistas oficiales, en 1999 le permitió filmarla, inaugurando una serie de conversaciones grabadas hasta 2012. Posteriormente, en 2005, colaboró con Daniel Birnbaum y Akiko Miyake para seleccionar a Lassnig para el proyecto Safety Curtain, en curso en el museo de la Ópera Estatal de Viena, reproduciendo su óleo Frühstück mit Ohr, 1967. Cuando Obrist se incorporó a la Serpentine en 2008, él y Julia Peyton-Jones organizaron una gran exposición en la Serpentine Gallery, con el apoyo de Maja Hoffmann. Una década después, en 2017, tras haberla concebido con Maria Lassnig, Obrist ultimó una exposición póstuma en Atenas centrada en la pasión de la artista por la mitología griega y guiada por un título poético tomado de Friederike Mayröcker: El futuro se inventa con fragmentos del pasado. Tras su muerte, Obrist se mantuvo cerca de la Fundación Maria Lassnig, formando parte brevemente de su consejo asesor (desde 2016) y participando en el jurado del Premio Maria Lassnig, creado por iniciativa de la artista antes de su muerte para alentar a artistas poco conocidos por el público. Reunida por primera vez en un solo lugar, la exposición en LUMA Arles presenta entrevistas en vídeo entre Lassnig y Obrist, así como su extensa correspondencia ordenada cronológicamente. Entre las obras expuestas se encuentran cuadros de las exposiciones The Broken Mirror y la Serpentine Gallery, el proyecto para la Ópera Estatal de Viena, y pinturas y acuarelas presentadas en Atenas. Junto a la película biográfica The Ballad of Maria Lassnig, la película Selfportrait, 1971, ilustra la exploración pionera de Lassnig de la animación dentro de la escena feminista neoyorquina de la década de 1970. Dos de los cuadros de Lassnig se expusieron por última vez en Francia en 2023, en la Fundación Vincent van Gogh de Arlés, en la muestra Acción, gesto, pintura: mujeres artistas y abstracción global 1940-1970, un homenaje a su admiración por van Gogh, a quien describió como un "dios expresionista" en una entrevista de 2008 con Obrist. Haciéndose eco de la frase "Vivir con el arte evita desvanecerse" que escribió para Hans Ulrich Obrist en su última carta inacabada, fechada el 11 de enero de 2014, esta presentación honra el vívido legado de una pintora cuyas visiones interiores siguen resonando en cuerpos y mentes.
Italiano
Nato nel 1919 nell'Austria rurale meridionale, Lassnig ha avuto una carriera settantennale nella pittura, nel disegno e nel cinema d'animazione. Grazie allo stretto rapporto tra Lassnig e il curatore Hans Ulrich Obrist, questa presentazione intende ravvivare l'interesse del pubblico francese per l'opera innovativa dell'artista, che ha segnato la storia dell'arte moderna e contemporanea attraverso il concetto di coscienza del corpo (Körpergefühl) e il suo impegno femminista. La sua ultima mostra personale in Francia è stata a Nantes nel 1999, presso il Musée des Beaux-Arts de Nantes e il Fonds Régional d'Art Contemporain des Pays de la Loire. Nei primi lavori di Lassnig predominano le influenze espressioniste e surrealiste, seguite da quelle dell'Art informel e della Nouvelle Figuration. Questi movimenti hanno alimentato l'approccio di Lassnig, basato sulla rappresentazione delle sensazioni interiori del corpo piuttosto che del suo aspetto esteriore. I colori vibrano e le figure nascono dalla comprensione del "micro-mondo di milioni di neuroni", irraggiungibile da qualsiasi dispositivo fotografico. Considerata una delle più grandi pittrici austriache dopo Egon Schiele e Oskar Kokoschka, Lassnig è stata oggetto di oltre cento libri. Ha inoltre ispirato il film biografico Sleeping with a Tiger, presentato in anteprima alla Berlinale nel 2024, e l'opera teatrale Alte Meisterin. Lassnig/Beresin/Bitzan, 2024. Figura di spicco dell'arte del dopoguerra, rimane una pietra miliare nello sviluppo della pittura europea. Hans Ulrich Obrist scoprì l'opera di Lassnig da bambino, quando acquistò una cartolina che riproduceva uno dei suoi dipinti, poi conservata con cura nel suo "museo in scatola da scarpe" fatto in casa. Nel 1986, all'età di diciassette anni, prende un treno notturno per l'Austria, dove incontra Lassnig nel suo studio di Maxingstrasse a Vienna. All'epoca, l'artista insegnava pittura e cinema d'animazione all'Università di Arti Applicate. Lassnig presentò a Obrist l'opera della poetessa austriaca Friederike Mayröcker, incoraggiandolo a leggere altre sue opere. In seguito favorì l'incontro tra Obrist e Mayröcker, che divenne un'amica intima fino alla sua morte nel 2021. Dal 1993 al 2014, Lassnig e Obrist si scambiano regolarmente lettere e si incontrano spesso nello studio viennese dell'artista. Nel 1993, quando Kasper König invitò Obrist a co-curare la mostra Lo specchio infranto nell'ambito del Wiener Festwochen (Festival di Vienna), i dipinti di Lassnig e il film La ballata di Maria Lassnig, 1992, proiettato all'inaugurazione, costituirono un importante pilastro di questa retrospettiva dedicata alla pittura. Nel 2000, Obrist ha aiutato Lassnig a pubblicare i suoi diari dal 1940 al 1997, rivelando la portata dei suoi dubbi artistici e l'evoluzione della sua singolare pratica incentrata sulla consapevolezza del corpo. Sebbene Lassnig fosse generalmente riservata nei confronti delle interviste ufficiali, nel 1999 gli ha permesso di filmarla, inaugurando una serie di conversazioni registrate fino al 2012. Successivamente, nel 2005, ha collaborato con Daniel Birnbaum e Akiko Miyake per selezionare Lassnig per il progetto del museo in corso Safety Curtain all'Opera di Stato di Vienna, riproducendo il suo dipinto a olio Frühstück mit Ohr, 1967. Quando Obrist è entrato a far parte della Serpentine nel 2008, insieme a Julia Peyton-Jones ha organizzato una grande mostra alla Serpentine Gallery, con il sostegno di Maja Hoffmann. Un decennio dopo, nel 2017, dopo averla concepita con Maria Lassnig, Obrist ha portato a termine una mostra postuma ad Atene incentrata sulla passione dell'artista per la mitologia greca e guidata da un titolo poetico preso in prestito da Friederike Mayröcker: The Future Is Invented with Fragments from the Past. Dopo la sua morte, Obrist è rimasto vicino alla Fondazione Maria Lassnig, facendo brevemente parte del suo consiglio consultivo (dal 2016) e partecipando alla giuria del Premio Maria Lassnig, creato su iniziativa dell'artista prima della sua morte per incoraggiare gli artisti poco conosciuti dal pubblico. Riunita per la prima volta in un unico luogo, la mostra alla LUMA di Arles presenta interviste video tra Lassnig e Obrist, nonché la loro vasta corrispondenza disposta in ordine cronologico. Tra le opere esposte, i dipinti delle mostre The Broken Mirror e Serpentine Gallery, il progetto per l'Opera di Vienna e i dipinti e gli acquerelli presentati ad Atene. Accanto al film biografico The Ballad of Maria Lassnig, il film Selfportrait (Autoritratto), 1971, illustra l'esplorazione pionieristica dell'animazione da parte di Lassnig all'interno della scena femminista newyorkese degli anni Settanta. Due dipinti di Lassnig sono stati esposti per l'ultima volta in Francia nel 2023 alla Fondation Vincent van Gogh di Arles, nella mostra Action, Gesture, Paint: Women Artists and Global Abstraction 1940-1970, un omaggio alla sua ammirazione per van Gogh, che l'artista ha descritto come un "dio espressionista" in un'intervista del 2008 con Obrist. Facendo eco alla frase "Vivere con l'arte impedisce di sbiadire!" che l'artista scrisse per Hans Ulrich Obrist nella sua ultima lettera incompiuta, datata 11 gennaio 2014, questa presentazione rende omaggio alla vivida eredità di una pittrice le cui visioni interiori continuano a risuonare nei corpi e nelle menti.